Pathologie de la coiffe
Rééducation
Le résultat des réparations de cette coiffe des rotateurs est soumis à deux problèmes principaux : le premier est celui du risque de rupture itérative de la réparation, le deuxième est celui de l’enraidissement de l’épaule. La rupture de la réparation est favorisée par le caractère souvent dégénératif, fatigué, du tendon qui s’est rompu initialement spontanément ou avec un traumatisme modéré.
Elle est également favorisée par le caractère vulnérable de ce tendon. La réparation est faite à l’aide de fils qui maintiennent le tendon au contact de l’os avec lequel il doit cicatriser. Cette cicatrisation n’est jamais effective avant la 6ème semaine post-opératoire justifiant de grandes précautions et notamment le port d’une attelle. Il faut donc éviter tous les mouvements et situations risquant d’arracher les fils de réinsertion osseuse. La coiffe des rotateurs, notamment le sus épineux, sert essentiellement au mouvement d’élévation du bras, notamment en position intermédiaire entre 45° et 135° d’élévation. L’attelle évite les faux mouvements et diminue les risques de traction intempestive, facilitant ainsi la cicatrisation mais diminuant également les douleurs. Il est également très important de ne pas faire de mouvements actifs, notamment d’élévation, qui vont tirer sur le muscle et le tendon. Lors des manipulations, du changement de pansement ou de l’ablation de l’attelle pour la rééducation, il est donc nécessaire que le bras soit tenu par l’autre main ou par une force extérieure comme le kinésithérapeute. Il est même souhaitable d’exercer une légère force au niveau du coude opéré vers le bas de façon à détendre de façon réflexe les muscles d’élévation réparés.
La réparation est néanmoins assez solide pour permettre une rééducation immédiate qui permettra d’éviter l’installation d’une raideur d’épaule qui est l’autre grande complication de ce type de chirurgie. Une épaule dont les tendons ont cicatrisé n’est pas utile ni guérie si elle est raide. Il convient donc de mobiliser l’épaule rapidement car l’épaule est une articulation qui s’enraidit très vite. Cette mobilisation doit être impérativement passive, c’est-à-dire que le muscle réparé ne doit jamais être sollicité.
Tous les mouvements d’élévation doivent donc être impérativement faits de façon passive. En piscine et en balnéothérapie, le bras flotte naturellement dans l’eau avec une bouée tenue dans la main pour le soulever. Seul l’abaissement est actif et ne comporte pas de risque. En salle, l’élévation doit être faite en restant passif, muscles bien décontractés. Ceci peut être fait par le kinésithérapeute qui soulève le bras, à l’aide d’un système de poulie, ou d’un arthro-moteur en restant bien détendu du côté opéré. Dans le cas où la réparation est relativement solide, il est possible d’élever le bras passivement par auto-mobilisation. Cette auto-élévation sera favorisée par la position allongée. En effet, à partir de la verticale, l’élévation est favorisée par la gravité et le poids du bras. Pour lever le bras et le maintenir, il suffit de tenir les deux mains accrochées ensemble, doigts entrelacés ou d’utiliser un bâton comme un demi-manche à balai. La rotation externe doit également être travaillée car elle participe à la récupération d’une rupture articulaire.
Cette rotation externe doit être, là aussi, passive en utilisant soit une force extérieure, soit la poussée de la main saine par l’intermédiaire d’un bâton. Toutes ces manœuvres peuvent être faites après avoir retiré l’attelle et laisser le bras descendre sauf dans des cas de suture fragile où ces mouvements doivent être faits à partir de la position de l’attelle.
